Publié : 25 mars 2005
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M. Basset, professeur documentaliste

M. Basset, professeur documentaliste

Pourquoi avez vous décidé de faire ce métier ?

Auparavant, j’étais instituteur et je travaillais dans un internat avec des enfants malentendants qui avaient de très grosses difficultés scolaires. Ils manquaient en particulier de méthodes de travail at avaient assez peu accès au monde extérieur, à ses ressources et à la culture en général. Cela m’a convaincu que cela renforçait leur handicap et que ces aspects étaient primordiaux dans l’éducation des élèves.
J’ai créé une bibliothèque de prêt dans cet internat pour que les livres viennent aux élèves puisque ces élèves n’iraient pas aux livres qui leur étaient étrangers.
Parallélement, j’ai passé des diplômes d’Histoire (DEUG et Licence) et j’avais le choix entre CAPES d’Histoire-Géographie ou de documentation. J’ai finalement choisi le métier de professeur-documentaliste qui me permettait de travailler sur des « fondamentaux » et aussi parce que c’est un travail très diversifié.

Depuis que vous êtes à Texcier, avez vous réussi à faire aimer la lecture à des élèves ?

Je crois que oui. J’ai vu beaucoup d’élèves qui prenaient des livres par obligation et qui étaient ravis d’avoir lu. Il y a beaucoup de livres de littérature jeunesse qui sont passionnants à lire. De toute façon, pour moi, la lecture ne se limite pas aux seuls ouvrages de fiction. Je comprend que des élèves préférent lire des documentaires ou des périodiques. Même l’ordinateur qui fascine tant les élèves doit finalement être lu.
Je sais également que des élèves du collège n’aiment pas lire. Je souhaite qu’au moins, ils aient l’occasion de pousser les portes du CDI et de regarder, par curiosité, ce qu’on leur propose. La littérature jeunesse est maintenant riche, diversifiée et ne prend pas les jeunes lecteurs pour des idiots, loin s’en faut !!!

Quel est le livre que vous préférez dans le CDI ?

Sans hésitation, "Le Passeur" de Lois Lowry car c’est le premier livre de qualité que j’ai découvert en littérature jeunesse. Il est intéressant, palpitant et profond. Mais je veux citer aussi les livres de Jean-Claude Mourlevat comme "La Rivière à l’envers", de Cormier, de Yaël Hassan que l’on a reçu le 25 Janvier, de Marc Cantin et de bien d’autres encore...

Quelle est la difficulté de ce métier ?

La principale difficulté de notre métier est qu’il est encore méconnu. Beaucoup de gens sont encore surpris de constater que nous ne sommes plus de simples bibliothécaires mais des enseignants et que l’on peut intervenir dans de nombreux domaines.
Une grosse difficulté, qui paradoxalement est aussi un attrait du métier, est que l’on nous sollicite, parfois en même temps, pour des choses très différentes. Il arrive assez souvent que l’on ne sache plus comment on s’appelle !!! Il est difficile de répondre à toutes les sollicitations.

Y a t’il des élèves qui vous ont marqué ? Pourquoi ?

Bien sûr, il y a toujours des élèves qui font du CDI leur repaire et qu’on a l’occasion de mieux connaître. J’aime bien les élèves qui sont curieux de tout, enthousiastes. J’aime bien aussi les "râleurs" qui n’aiment pas lire mais qui reviennent sans arrêt au CDI. De toute façon, c’est intéressant de voir les élèves grandir pendant quatre ans et de voir leur évolution.