Les Contemplations

Léopoldine Hugo
( par De Chatillon).

 

Introduction.

I. Les Contemplations dans la vie de Hugo.

II. Le sujet principal du recueil

III. La composition du recueil

IV. Quelques poèmes

 

Introduction.

Victor Hugo était un romancier et un homme politique mais aussi un poète. Il commence à écrire Les Contemplations en 1830 et continue ce recueil principalement après la mort de sa fille Léopoldine survenue en 1843. Le recueil est publié en 1859, alors que Hugo est en exil. Nous avons choisi ce thème car nous aimons la poésie.

I. Les Contemplations dans la vie de Hugo.

Victor Hugo écrit ces poèmes avant (1830-1843) et après le drame de Villequier (1843-1855). Quand le recueil est publié, le poète est à Guernesey car le gouvernement anglais considérant qu'il a insulté la reine Victoria, juge sa présence indésirable sur le territoire anglais.

II. Le thème principal du recueil

Léopoldine, née le 28 août 1824, fille aînée, était très proche de son père. Elle se maria à dix-neuf ans, avec Charles Vacquerie, fils d'un ami des Hugo qui possédait une maison de campagne à Villequier. Trois mois après le mariage de «Didine», en septembre 1843, alors qu'il revient d'un voyage en Espagne avec Juliette Drouet, Victor apprend la tragédie par les journaux : «Le 4 septembre, Léopoldine et son mari avaient décidé d'aller en bateau à Caudebec. C'est au retour qu'avait eu lieu le drame : l'embarcation s'était retournée, Léopoldine et Charles, qui s'était porté à son secours, avaient péri noyés». Léopoldine était morte... ! Le choc fut terrible pour Hugo qui perdait sa fille et se sentait coupable d'avoir été si loin des siens dans un moment si douloureux.

III. La composition du recueil :

Livre premier : Aurore. C'est le livre de la jeunesse. Le poète évoque ses souvenirs de collège, ses premières amours, ses premières luttes littéraires.

Livre deuxième : L'âme en fleur. C'est le livre des amours. Presque tous les poèmes sont inspirés par Juliette Drouet.

Livre troisième : Les luttes et les rêves. C'est le livre de la pitié. Hugo donne quelques exemples de la misère dans la société moderne.

Livre quatrième : Pauca meae («quelques mots pour ma fille» en latin ). C'est le livre du deuil. Hugo médite sur le coup qui l'a frappé.

Livre cinquième : En marche. C'est le livre de l'énergie retrouvée. Le poète exilé s'arrache de sa tristesse et va chercher de nouvelles raisons de vivre.

Livre sixième : Au bord de l'infini. C'est le livre des certitudes. Il est peuplé de spectres, d'anges, d'esprits qui apportent au poète les révélations attendues.

IV. Les quelques poèmes que nous avons choisis :

 

MELANCHOLIA

(...)Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour,

Avoir droit au bonheur, à la joie, à l'amour.

Mais elle est seule, elle, sans parents, pauvre fille !

Seule ! n'importe ! elle a du courage, une aiguille,

Elle travaille, et peut gagner dans son réduit,

En travaillant le jour, en travaillant la nuit,

Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile.

Le soir, elle regarde en rêvant quelque étoile,

Et chante au bord du toit tant que dure l'été.

Mais l'hiver vient. Il fait bien froid, en vérité,

Dans ce logis mal clos tout en haut de la rampe ;

Les jours sont courts, il faut allumer une lampe ;

L'huile est cher, le bois est cher, le pain est cher.

Ô jeunesse ! printemps ! aube ! en proie à l'hiver ! ...

Paris, juillet 1838

(livre de poche page 170).

 

MES DEUX FILLES.

Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,

L'une pareille au cygne et l'autre à la colombe,

Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur!

Voyez, la grande sœur et la petite sœur

Sont assises au seuil du jardin, et sur elles

Un bouquet d'œillets blancs aux longues tiges frêles,

Dans une urne de marbre agité par le vent,

Se penche, et les regarde, immobile et vivant,

Et frissonne dans l'ombre, et semble, au bord du vase,

Un vol de papillons arrêté dans l'extase.

La Terrasse, près Enghien, juin 1842.

(livre de poche page 38).

 

 

LISE

J'avais douze ans ; elle en avait bien seize.

Elle était grande, et moi, j'étais petit.

Pour lui parler le soir plus à mon aise,

Moi, j'attendais que sa mère sortît ;

Puis je venais m'asseoir près de sa chaise

Pour lui parler le soir plus à mon aise.

Que de printemps passés avec leurs fleurs !

Que de feux morts, et que de tombes closes !

Se souvient-on qu'il fut jadis des cœurs ?

Se souvient-on qu'il fut jadis des roses ?

Elle m'aimait. Je l'aimais. Nous étions

Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons. ...

Mai 1843.

( livre de poche page 68)

 

 

DEMAIN, DES L'AUBE

 

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.



Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.



Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

3 septembre 1847.

(livre de poche page 295)

 

Bibliographie:

 

Auteurs de la page :

Levasseur
Yvonnet
4ème C

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